Katarina Mazetti :

Le mec de la tombe d’à côté

Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus

Gaïa, 2006

ISBN 2-84720-079-7

 

 

Scriver :

Voici un roman d’amour qui démarre d’une façon curieuse : dans un cimetière. Les deux protagonistes sont en effet venus pleurer chacun leur défunt, elle son mari trop tôt disparu, lui sa vieille mère, à laquelle il était très attaché en vieux garçon qu’il était. Les circonstances ne se prêtent donc pas à une idylle. La situation sociale non plus d’ailleurs : elle est bibliothécaire et vit en ville dans un bel appartement, il est paysan et vit à la campagne dans une ferme. La compagnie est faite de livres d’un côté, de vaches de l’autre. De la fréquentation des chef-d’œuvre de l’art d’un côté, du tas de fumier de l’autre. D’ailleurs, il commence par l’appeler intérieurement « la Crevette » et la trouve ridicule. Mais, en matière de relations humaines, il suffit parfois d’un geste, d’un sourire, pour que tout s’enclenche. Et nous voilà partis pour un roman d’amour. L’auteur n’ignore pas que le thème est plutôt rebattu et c’est pourquoi elle innove en accouplant des êtres que tout oppose ou, pire encore, qui ne devraient pas entretenir le moindre rapport. Elle innove aussi sur le plan de la forme en nous relatant cette histoire en « partie double », comme on dit en comptabilité, c’est-à-dire en alternant les points de vue d’une chapitre à l’autre tout au long du livre.- en sachant en outre varier le ton pour respecter la cohérence interne au personnage. Ajoutons une touche réelle d’humour et cela donne, au total, un roman qui se lit fort bien et qui, sans révolutionner la psychologie érotique (nous ne sommes pas là sur les « sommets » angostesques ou nothombiens qui déchaînent sur des pages entières, financées par un gros budget de publicité, l’admiration de nos exégètes hexagonaux) apporte une touche d’humanité dans un monde de brutes moroses. Les adorateurs du nombrilisme médiatico-psychologico-germanopratin n’ont donc qu’à passer leur chemin, ils ont tellement à faire par ailleurs. D’autres lecteurs s’en contenteront, certains iront jusqu’à s’en réjouir. Toutes les perversions sont dans la nature !

Tous publics

Essentiel : on peut vivre sans, mais… vaut le détour !

[ précédemment publié dans le Bulletin critique du livre français ]

 

Septembravec:

Vaut aussi le détour  pour:

 

Par contre, ne vaut pas le détour pour:

- Aïko, qui le trouve « barbant et ennuyeux », « dans le domaine du cliché », même si elle le fait « réellement rire » (la contradiction d'à côté?).