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(lu sur le lu)

26 novembre 2006

Les mériterons-nous?

Les Centrifugueurs

Tome 23 : Le Sceptre transgénique

Boris Kaparatitch

Éditions Hurluber, 2007 ???

 

 

 


J’espère que le trac et le balbutiement ne vous saisiront pas à l’annonce de l’éventuelle publication en février du tome 23 des "Centrifigueurs", "Le Sceptre transgénique", conditionnée, vous le savez tous et ô combien anxieusement, à la découverte dudit manuscrit sur un point quelconque du globe (terrestre).

Personne, j’en suis sûr,  ne souhaite revivre la dernière conférence de presse de Boris Kaparatitch, qui, on s’en souvient tous avec un fleuve de sueur froide dans le dos, s’était achevée par des retentissants « Bande de gros nuls ! Lecteurs de merde ! Vous ne me méritez pas ! ». Cela avait accru l’émotion suscitée par cette nouvelle perte d’une de ses œuvres, tant son génie nous a habitués à ne jamais se montrer médiocre, mais bien au contraire à toujours atteindre le maximum de sa transcendance.

[ Précision pour ceux qui auraient jugé utile de lire autre chose lors des  vingt dernières années : Boris ne porte à la connaissance du public que les œuvres retrouvées par ses fans, suite à de mystérieuses et ténébreuses indications données par Lui sur son site internet. Ainsi, Robert Ploumet avait dû se rendre en Patagonie (et échapper à la mort, suite à une course poursuite avec les gardes du corps bodybuildés d’une star de la chanson, leurs chiens anabolisés et une meute de moustiques dopés à l’insu de leur plein gré à cause de leurs si mauvaises fréquentations), quant Adeline Pramette dut pénétrer illégalement dans la salle des coffres non climatisée d’une banque mexicaine. S’ils sauvèrent respectivement les tomes 8 et 13 du néant, il n’en fut pas ainsi des tomes 4, 9, 10, 14, 15, 16, 17, 20 et 22, qui manqueront cruellement, et pour l’éternité – double cruauté ! ô rage ! - à qui se pique sérieusement de littérature, du moins à mon humble avis.]

Ces pertes constituant un préjudice irréparable et insoutenable pour l’avancement du genre romanesque, les Kaparatitchistes se sont organisés pour que cela ne se reproduise pas. Leur réseau est donc mondial, notre cher et infini Boris ayant la malencontreuse idée d’aimer voyager dans des endroits non seulement lointains, mais en plus insalubres (pourquoi le Brésil et pourquoi pas la Creuse, murmurent certains : « C’est tout aussi inaccessible »). Leurs congrès, notamment quand ils suivent la disparition avérée d’un manuscrit, donnent souvent lieu à de poignantes altercations et de sanglants pugilats, chacun se renvoyant la responsabilité d’une mauvaise exégèse des indices données par Boris. De là à soupçonner, comme le fait explicitement Babeth Sylvarte* sur son blog La Casse-Gueule, que des indications « ultra sibyllines de trois mots, genre ‘rosée du printemps’ cachent des trucs qui ne furent jamais écrits, Boris-le-piteux n’étant pas rémunéré au manuscrit retrouvé, voire même publié, non non non !, mister Kaparatitch est payé au texte écrit, le salaud ! Il peut nous faire tous gober tout ce qu’il veut, le pervers a plus d’un hameçon dans son sac ! »

Les soucis financiers ayant réduit Mao Ding Dong à une seule page (mais avec toujours, rassurez-vous, l’émouvante et grande photo de une), Freuddy Younegueux** n’a pas trop le temps de se perdre en commentaires dans sa nouvelle chronique mensuelle de 10 lignes. Il a tout juste le temps de lancer quelques pistes qu’on jugera, en plus d’être expéditives – mais nécessité d’économies fait loi -,  surabondantes (« délire persécution + complexe de calvitie + transfert latent et dévoyé ») quand on n’a pas encore réussi à résoudre toutes celles initiées par notre « génialissime kalachnikov », comme l’écrit Jean de la Poivrière d’Orée *** (devenu membre unique de la rédaction littéraire commune à L’Avion En Papier, Papyvore, Voir La Main Invisible et Polistatique), bien que subsiste le doute d’une possible confusion dans son esprit entre Kaparatitch et kalachnikov, le doyen des critiques ayant un agenda bien surchargé ces temps-ci…

Il n’y a que Julie Baille**** à se réjouir, puisque, démissionnée par Mao Ding Dong suite à tous les imprévus de son voyage en Amérique du Nord, qui s’est traîné aussi bien en longueurs qu’en langueurs, elle déclare maintenant qu’elle aura du temps pour suivre Boris Kaparatitch à la trace. Son but est clair et net :  réaliser un scoop en révélant la première la cache de l’œuvre tant fantasmée, ce qui lui permettrait de renflouer ses caisses et de quitter Babeth Sylvarte qui l’héberge provisoirement dans son 15 m² et sur son blog, que beaucoup ne souhaitant pas se voir transformer en « Les Casse-Gueules »…

 

Le coin people (ça manquait depuis le 23 juillet 2006): 

 

* La RMIste Babeth Sylvarte, qui comptait poser nue sur un calendrier pour pouvoir payer ses nombreuses condamnations (diffamation ; injures ; menaces de mort ; actes de barbarie sur l’orthographe ; incitations à la haine littéraire, intellectuelle et philosophique), n’a pas vu son vœu entièrement exaucé, dans la mesure où, si elle l’a fait, c’est à titre bénévole et pour une campagne de publicité qui mêlait lutte contre le SIDA et prévention de l’obésité.

 

** Freuddy Younegueux ne fit pas de vieux os dans le séminaire lacanien et girondin qui l’avait mis en transes plusieurs mois à l’avance. Le climat était lourd et pesant, et basculait dans l’hystérie collective/individuelle au moindre sous-entendu hétérodoxe. Il prit donc la décision de partir et s’engouffra dans sa vieille 205 grise, qu’il n’oublia pas de faire vrombir devant l’assistance médusée et impuissante à parer les jets de gravier, puis il fila à toute allure en direction de l’océan en écoutant un Freddy Mercury à assourdir tous les klaxons et sirènes qu’il croisait. Quand il arriva devant l’eau bleue et frémissante, salée, aguicheuse, il s’y lança et batifola amoureusement avec les vagues avant de se sécher lascivement au soleil dans ses habits tout mouillés et étrécis, puisqu’il s’agissait de ceux qu’il portait dans les années 70, notamment ce jean moule-bite qui faisait autrefois sa fierté, mais la honte de sa maman Jacqueline. C’est quand il se rendit compte qu’il était à Lacanau (Lacan-eau !) qu’une sombre déprime s’abattit sur lui, qu’il ne put fuir qu’en volant la petite pelle verte du petit Allemand à côté de lui pour creuser un trou où mettre à reposer son affreux mal de crâne…

 

*** Jean de la Poivrière d’Orée, qui n’a plus le temps de prendre autant de bains qu’il le souhaiterait eu égard à ses nouvelles responsabilités au sein du pool littéraire du groupe Arbalète, teste toutes les crèmes possibles et imaginables pour enrayer le dessèchement de sa peau, qu’il juge intolérable.

 

**** Le frêle esquif de Julie Baille parvint sain et sauf au Canada, et le premier à l’accueillir fut un trappeur bougon et solitaire qui n’avait pas vu d’être féminin depuis deux longues années. Il la prit donc en otage, et, entre les maringouins et les poils de barbe de son entreprenant ravisseur, Julie Baille devint une peau-rouge jusqu’à ne plus pouvoir se regarder narcissiquement dans l’eau glacée des lacs, où s’étaient depuis longtemps noyés ses rêves de nuit d’amour romantique au Canada. Elle ne parvint à s’échapper qu’après avoir longuement dialogué avec un vrai ours, cette fois, pour en faire son allié après avoir suscité sa compassion dans un mode de communication qui mêlait français, anglais (ah… les pays bilingues…), télépathie, caresses et chansons de Robert Charlebois ou Richard Desjardins. C’est donc à dos de plantigrade qu’elle arriva à Montréal, mais sa joie fut de courte durée, car elle y fut emprisonnée pour détournement d’espèce protégée.

Posté par septembravec à 18:40 - KAPARATITCH - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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