lu/lu

(lu sur le lu)

20 septembre 2006

Le travail c'est la santé ...

Yves Pagès -- Petites natures mortes au travail
Editions Verticales -- Le Seuil
collection Points
ISBN 2-02-051058-8


D'après ce qu'on découvre dans cet entretien :

Q: Les Petites Natures mortes au travail sont dédicacées à un philosophe italien Paolo Virno (...).
R: J’ai vécu un an en Italie, (...) J’ai rencontré là-bas Paolo Virno, un philosophe et ex-militant d’extrême-gauche italien. Cette rencontre a été très fructueuse, j’y ai découvert une pensée aussi libre que celle de Gilles Deleuze (...) ainsi qu’une réflexion politique subversive qui, au lieu de plaquer une grille idéologique toute faite sur le réel, tentait de comprendre et de tirer les conséquences de la mutation de nos sociétés post-fordistes.
Mes Petites Natures mortes au travail, ces formes de fictions-documentaires, doivent beaucoup aux discussions que j’ai eues avec Paolo sur les mutations des formes du travail.(...)

On parle donc de fiction-documentaire (ou de documentaire fiction, c'est selon) .
Je tiens à préciser qu'ici je n'entends pas approfondir la dimension politique de la démarche, car c'est un aspect qui ne m'intéresse que peu, et parce que, par conséquent, il y a peu de chance pour que je parvienne à vous y intéresser.

Vous pouvez néanmoins avoir plus d'éléments en lisant les différents entretiens, plus ou moins orientés, que Yves Pagès a pu donner.

Pour résumer l'état d'esprit de l'oeuvre, selon Marie Gauthier:

"Jobs absurdes non qualifiés ou méprises sur les qualificatifs du boulot, les Petites natures mortes au travail parlent ni plus ni moins de l'aliénation, telle que l'entendait Karl Marx, camouflée sous des tenues plus sophistiquées mais changeantes, au gré des modes et des mots qu'Yves Pagès décrypte avec style."

"C'est au"CDD d'aujourd'hui, dcd de demain" que ce livre acide est dédié !
23 petites natures mortes ou, au choix, 23 junkies sevrés à la tâche y sont hachés menus par la plume tranchante d'Yves Pagès". ( L'Œil électrique)

Un "livre acide" décortiquant l'être humain dans son environnement de travail et le potentiel lobotomisant, aliénatoire de ce dernier. Il s'agit effectivement d'un "mélange de provocation et d'ironie, un point de vue décalé et d'une certaine manière un exercice de style" ( Le Libraire )

Littérature pâlotte sous la lumière blafarde des néons d'usines, c'est un réalisme terrible qui donne prétexte aux délires les plus variés, du syndrôme delphinien aux Vigiles exposés aux soldes monstres.
La misère et les déserts affectifs, bien réels et navrants, donnent lieu à une série d'élucubrations fictionnelles sombres et drôles.

J'aime beaucoup l'équilibre qui est trouvé dans le livre, "entre la part de l'écriture, qui a sa liberté propre, et la part d'un sujet social délicat à manier. L'espace de jeu du langage et l'imagination ne laissent jamais oublier que ce dont on parle ici est finalement tragique. Et de ressentir cette profonde tristesse devant tant de gâchis, comme l'auteur, dans une rame de métro, reconnaissant le mendiant qui vient de débiter sa biographie sur un ton monocorde :"Emmanuel, gratteur précoce de guitare, branlotin vantard, fils unique de sa grand-mère, perdu de vue au détour d'une fatale réorientation professionnelle"." (cf. M. Christophe Dabitch, LMDA)

Hôtesses d'accueil à grossesse rétroactive, correcteur alcoolique, Pluto étouffant sous son costume, bref...

On nous offre ici une véritable "ethnologie" (Dabitch précité) du boulot précaire, vil et crasseux.
Globalement donc, cette lecture laisse une impression à la fois amusée et navrée, et vis à vis des personnage on oscille entre la pitié et l'agacement.

Je regrette juste les axiomes dogmatiques qui émaillent parfois l'oeuvre, tels que "Si tu veux abolir le prolétariat, donne-le en spectacle" (à la fin de "Pluto que rien"). Ils sont, je pense, inutiles dans la mesure où le récit se suffit à lui-même et que ce type de pseudo-dénonciation lui donne une coloration "lourdeaude" , maladroite, complaisante (et, paradoxalement,assez conformiste).

Posté par bunee à 10:42 - PAGÈS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 septembre 2006

L’évangile dont Judas est le héros

L’Evangile de Judas du Codex Tchacos

Traduction intégrale et commentaires des professeurs Rodolphe Kasser, Marvin Meyer et Gregor Wurst. Traduit de l’anglais par Daniel Bismuth.

© 2006 Flammarion pour la traduction française, ISBN 2082105806, 223 p.

Nul n’est plus censé ignorer ce fait : il n’y a pas quatre évangiles. Il y en a beaucoup plus.

Pour ma part, je l’ignorai longtemps. La révélation n’a pas d’âge. Mais il suffit aujourd’hui d’aller faire ses courses au supermarché pour en avoir la preuve. L’Evangile de Judas du Codex Tchacos est en vente partout, à 15 €.

C’est la traduction française de l’ouvrage The Gospel of JudasNational Geographic Society, 2006), qui comprend non seulement l’Evangile de Judas (traduit lui-même une première fois du copte, en anglais), mais aussi les très intéressants commentaires des professeurs Rodolphe Kasser, Marvin Meyer et Gregor Wurst (avec la collaboration de François Gaudard). L’ouvrage comprend également des contributions de Bart. D. Erhman et des trois professeurs précités.

D’autres, plus érudits ou plus curieux, n’ignoraient plus sans doute cette multiplicité de bonnes nouvelles depuis qu’en 1945 – mais autant dire hier, à cette échelle du christianisme qui fait foi en chronologie historique – des textes qualifiés « évangiles »  furent retrouvés en Egypte, près de Nag Hammadi : évangiles de Philippe, de Thomas, ou anonymes, comme l’Evangile de Vérité. L’évangile de Marie-Madeleine avait déjà été découvert en 1896, ainsi que le rappelle Bart. D. Ehrman.

Ces autres évangiles, on en connaissait aussi déjà l’existence de seconde main : le traité d’Irénée de Lyon, Contre les hérésies, écrit en grec en 180, en faisait mention... Traité dont le titre exact est d’ailleurs : Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur

La gnose – du grec gnôsis, connaissance. Les textes gnostiques – dont l’Evangile de Judas – étaient en effet considérés comme propagateurs d’hérésies. Le courant de pensée qu’ils diffusaient différait de celui de l’église – celui qui finit par dominer. Marvin Meyer résume à cet égard brillamment tout ce qui oppose la gnose et le canon : «  Pour les gnostiques, le problème fondamental de la vie humaine n’est pas le péché mais l’ignorance, et la meilleure manière de traiter ce problème n’est pas d’emprunter le chemin de la foi mais celui de la connaissance. Dans l’Evangile de Judas, Jésus communique à Judas – et aux lecteurs de l’Evangile de Judas – la connaissance susceptible d’éradiquer l’ignorance et de mener à une connaissance de soi et de Dieu » (pp. 15-16).

Dans l’Evangile de Judas – et non l’Evangile selon Judas – ce titre, d’après les traducteurs, suggérant « peut-être qu’il s’agit là de l’évangile, ou de la bonne nouvelle, concernant Judas et de la place qui lui revient dans la tradition. Ce qu’il vient d’accomplir (…) n’est pas une mauvaise nouvelle, mais une bonne nouvelle pour Judas et pour tous ceux qui allaient venir après lui – et Jésus lui-même » (p. 61, note 5 et dernière du texte de l’évangile) – « Judas est littéralement l’étoile-guide, la « star », la vedette humaine du texte » (p. 59, note 6). Il n’est plus le traître ou le fourbe qui regarde par l’œilleton ; il est le seul à savoir qui est véritablement Jésus ; il est l’élu à qui Jésus annonce : «Mais toi, tu les surpasseras tous ! Car tu sacrifieras l’homme qui me sert d’enveloppe charnelle !» (p. 59). Et son évangile est le «compte rendu secret» de la révélation que lui fait Jésus.

D’après les textes gnostiques, l’homme est piégé dans ce monde, qui n’est pas bon : il n’est pas l’œuvre du vrai Dieu, mais d’une déité inférieure. Par conséquent, « le salut ne vient point par la vénération du dieu de ce monde ou par l’acceptation de sa création, mais par la négation de ce monde et le rejet du corps qui nous y attache. C’est en cela que l’acte accompli par Judas pour Jésus constitue un acte juste, un acte qui lui confère le droit de faire et d’être plus que tous les autres. En livrant Jésus aux autorités, Judas lui permet d’échapper à sa chair mortelle et de regagner sa demeure éternelle» (Bart. D. Ehrman, p. 123).

Le salut vient de la mort, non de la résurrection, qui « ramène la personne dans le monde du créateur » auquel il convient au contraire d’échapper (p. 133).

Judas est donc « l’intime de Jésus, son plus proche ami, celui qui l’a compris mieux que quiconque et qui l’a dénoncé aux autorités – parce que Jésus voulait qu’il le fasse. En livrant Jésus, Judas a rendu le plus grand service qu’on puisse concevoir. » (p. 100)

On pourra s’étonner que, sans aller évidemment jusqu’à épouser ces thèses, la doctrine du Nouveau Testament n’ait jamais résolu cette question : « sans Judas et son baiser, la crucifixion et la résurrection auraient-elles même eu lieu ? » (Marvin Meyer, Introduction, p. 10).

Cette question, dorénavant, ne saurait elle non plus rester tue. C’est en ce sens, aussi, qu’on peut avec Philippe-Jean Catinchi et Maurice Sartre (Monde des livres, 11 août 2006), parler du « procès en révision » de Judas. Une réhabilitation, c’est sûr.

L’Evangile de Judas (le manuscrit) a connu du reste un destin comparable à celui de son héros : « victime typique de la cupidité, de l’ambition, de la stupidité, de l’inertie intellectuelle humaine », « de contre-miracle typique, objet condamné, exécré, il est devenu miracle en quelque sorte, exemplaire à son tour (…) ; « miracle » et résurrection dus à l’ingéniosité et au dévouement des restaurateurs et papyrologues (…). » (Rodolphe Kasser, pp. 64 et 96).

Ce texte pourra intéresser ceux qui n’auraient pas trouvé les réponses à des questions comme celle de l’existence du mal (questions de théodicée), par exemple. Il peut, en tant qu’objet et en tant que message, être le signe d’une espérance possible : « Lève tes yeux, et vois la nuée, et la lumière qui s’y déploie, et les étoiles qui l’entourent ! L’étoile qui est en tête de leur cortège est ton étoile ! » (Evangile de Judas, [57], p. 59).

En tout cas, une leçon de cet évangile est bien celle-ci : on peut cacher et même détruire tout ce qui fâche ou contrarie ; on peut élaborer, faire fructifier une doctrine qu’on érige en vérité… Tout comme le crime parfait, l’unicité de la parole révélée est une chimère. Le cadavre est toujours dans le placard. Et même la poussière peut parler.

--------

Note

- Sur le gnosticisme : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gnosticisme

- Le Codex Tchacos, comprend, outre l’Evangile de Judas, une lettre de Pierre à Philippe, une version de la première Apocalypse de Jacques et le « livre d’Allogène ». Il a été retrouvé en 1978 en Moyenne-Egypte. Il a subi diverses péripéties et dégradations et séjourné dans des lieux aussi insolites qu’un coffre de banque ; il a aussi été congelé (cf. le récapitulatif "Histoire du Codex Tchacos et de l’Evangile de Judas", par Rodolphe Kasser ), avant d’être acheté en l’an 2000 par Frida Tchacos Nussberger, marchande d’art à Zurich et collaboratrice de Maecenas (fondation pour l’art ancien). Maecenas le rachète en 2001. Il est prévu une clause de retour du Codex en Egypte, qui sera conservé au Musée copte du Caire, en 2009.

- Au sommaire de L’Evangile de Judas du Codex Tchacos dans l’édition Flammarion, 2006 :

Introduction

L’Evangile de Judas

Histoire du Codex Tchacos et de l’Evangile de Judas

Le christianisme mis sens dessus dessous : l’Evangile de Judas, une autre vision

Irénée de Lyon et l’Evangile de Judas

Judas et la secte gnostique

Note de la National Geographical Society

Posté par oliviacham à 15:16 - KASSER, MEYER, WURST - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 septembre 2006

Dans la lumière et la famine

Isaac Babel -- La cavalerie rouge suivi de Journal de 1920
titre original: Konarmia et Dnievnik 1920
Le premier traduit du russe par Irène Markowicz et Cécile Térouanne, le second par Wladimir Berelowitch
ISBN: 2-7427-0999-1
Actes sud -- Babel

 

Livre à ce point profond et marquant qu'il a inspiré à Ipoustéguy ses Guerres du milieu (http://www.ladifference.fr/fiches/livres/lesguerresdumilieu.html)

Carole Ksiazenicer-Matheron (http://www.circe.paris4.sorbonne.fr/rubriques/5publications/cec4_ksiazenicer_matheron.html) met d'ailleurs brillament cette oeuvre en perspective avec celle d'un contemporain de babel, ayant vécu les mêmes épisodes de guerre: Victor Chklovski qui a d'ailleurs intitulé "Voyage sentimental" le récit de son périple de 1917.

Selon Carole Ksiazenicer précitée, Les récits de Cavalerie rouge écrits par Babel à partir de son expérience de correspondant de l’agence de presse soviétique lors de la guerre polono-bolchévique en été et en automne 1920 se caractérisent par un détour par l’imaginaire géographique, parcours initiatique d’un paysage bouleversé et signifiant, ouvert au déchiffrement et à une mise en fiction opérant le lien entre l’espace et le moi écrivant.

Narration travaillée à l'extrème décrivant la guerre des confins, entremêlant dimension esthétique de l'histoire et mortelles apories (la libération passe par le massacre, conflit entre l'identité communautaire du narrateur et son identité politique)
1920, les soviétiques sont dans une longue croisade rouge vers la Pologne et l'Ukraïne encore blanches et lancent vers l'Ouest des hordes de cosaques, plus ou moins ensauvagées (selon Babel).

Parmi ceux-ci, la cavalerie, menée à un rythme effréné par Boudionny (ou Boudienny -- autrement appelé le Murat rouge)contre Dénikine (http://fr.wikipedia.org/wiki/Anton_Ivanovitch_D%C3%A9nikine), et au sein de laquelle est affecté Isaac Babel.

Cavalerie rouge
réunit 36 récits inspirés d'épisodes vécus, tandis que Journal de 1920 reprend, de façon beaucoup plus elliptique, voire brutale, les jours durant lesquels la campagne a eu lieu, de juin à septembre 1920.

Voyage absurde, halluciné et effarant au coeur des massacres et des pillages, souffrances des hommes et des chevaux, errances entre les paradoxes, l'écriture de Babel est à la fois violente et poétique (sur les spécificités poëtiques du langage de Babel: http://monderusse.revues.org/document747.html), elle a un champ lexical qui tourne autour de la mort et du sang, tout est rouge autour de lui -- seul dans la tourmente.
On oscille souvent entre le cauchemard et la réalité -- flou des limites entre le sommeil et l'éveil.

La biographie de Babel (http://www.sap-pos.org/txt-fr/2005/avril/babel.htm) nous révèle un destin tout aussi tourmenté:
tout d'abord communiste engagé et protégé par Gorki, il sera ensuite, comme beaucoup d'autres, désavoué (Boudienny, par la suite, évoquera le mensonge des ecrits de Babel), écarté du régime puis arrété et exécuté injustement au bout d'un procès d'une trentaine de minutes.

Posté par bunee à 13:07 - BABEL - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 septembre 2006

Masques et mascarades

      Henri Troyat -- Faux jour
Le livre de poche
Isbn 05.309.VI.5.0424
Dépôt légal n° 4475, 2ème trimestre 1965
241 pages

Livre trouvé dans le même carton que celui où gisait la lumière du nord (de cronin, mais je n'ai pas dépassé les 10 pages tant le style était anecdotique), mais que j'ai cette fois parcouru avec intérêt.

Personnellement je connaissais Troyat -- de son vrai nom, Lev Tarassov --  essentiellement pour ses ouvrages biographiques qui ne représentent pourtant qu'une infime part d'une bibliographie prolifique .

Faux jour est son premier roman, et a été couronné du prix populiste de 1935.

Dans un discours de 1960 à l'Institut de l'Académie Française, au sujet de ce premier roman, le Maréchal Juin dira à Troyat:

"Mais ayant eu la surprise de constater dans vos premiers essais que votre écriture ne manquait pas de métier, vous vous avisâtes que vous pourriez bien être le grand écrivain anonyme que vous aviez si ardemment souhaité.

« Faux Jour », votre premier roman, édité en 1935 à l’âge de vingt-quatre ans, avait réalisé ce miracle.
Il avait fait sensation tant par la qualité du style que par le sujet traité et avait obtenu le Prix populiste. Dès sa publication, il avait semblé qu’un autre Raymond Radiguet, cet enfant de génie infortuné qui avait, dans son « Diable au Corps », étonné la critique par son langage et une psychologie volontaire visant à recréer un monde, venait soudain de réapparaître sous les traits du jeune militaire que vous étiez encore à cette époque.
Votre roman n’était-il pas, lui aussi, une fiction se donnant carrière dans un libre choix et sans arrière-pensée de reproduire quoi que ce fût ? Il campait un père hâbleur et clownesque, surprenant par sa verve, mais incapable, par manque de pragmatisme et de suite, de tirer le moindre parti des fruits de son imagination, — le type même du raté, qui ruine les siens, les achemine, le verbe haut, vers la misère et que son fils, désabusé, finira par juger sévèrement en le découvrant sous son vrai jour. "

Et au fond, je trouve cela vrai.

Faux jour, dont le titre est d'ailleurs extrèmement bien choisi, est effectivement un vrai petit miracle. Il m'a littéralement plongée dans l'âme de cet enfant qui vit sa relation avec son père en trois étapes: fascination, désillusion, puis révélation d'une affection sincère et détrompée.

La description de la figure du père est vraiment magnifique: un homme lâche, tapi dans des costumes mensongers de grandeur et d'autorité, se délectant des multiples embrouilles et affaires et des multiples femmes composant son histoire.

Histoire d'une déchéance où le personnage tant admiré va glisser vers le dénuement avec son fils, allant de tentatives avortées en projets interrompus et coups d'éclats.

Cette description haute en couleur et frôlant parfois le burlesque s'entremêle à une touchante image du fils, tour à tour pleine d'une admiration naïve, d'une vaine révolte et enfin de tendresse compatissante.

L'écriture est amusante et émouvante, parfois un peu naïve, mais sans s'aventurer dans le pathétique ou le larmoyant.

Un bel équilibre.

Posté par bunee à 10:25 - Troyat. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1