STIG Dagerman

 

Automne allemand – titre original Tysk Höst

 

Babel

Actes Sud – ISBN 2-7427-5149-1

Traduit du suédois par Philippe Bouquet

 

La préface du traducteur donne vite un aperçu de qui était l’auteur:

 

Ce voyage au bout de l’angoisse a été écrit par un jeune homme de vingt trois ans, un journaliste et écrivain suédois dont toute la production littéraire fut concentrée en l’espace de cinq ans, un Rimbaud du Nord (mis à part le fait qu’il n’écrivit guère qu’en prose) qui choisit lui aussi de se taire, avant de disparaître de sa propre main à l’âge de trente et un ans.

 

Pour découvrir plus avant ce Jérôme Bosch littéraire, auteur d’œuvres majeures comme L’île des condamnés ou encore comme Le Serpent, dont les nuances passent du répertoire de Kafka à celui de Cioran, vous pouvez vous attarder sur ces quelques pages :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Stig_Dagerman

http://cabanel.jennifer.free.fr/reserve_2/stig_dagerman.doc

(Pour ceux qui liraient le suédois : http://www.dagerman.se/ ).

 

En 1946, tandis que l’Allemagne est un immense champ de cendres encore fumante, Stig Dagerman se rend sur les ruines du pays afin d’élaborer plusieurs reportages, dont la compilation sera effectuée dans cette œuvre.

Nicolas20san, dans sa critique sur l’Enfant brûlé (http://critiques-ordinaires.ouvaton.org/article.php3?id_article=420 ), décrit d’ailleurs assez bien le contexte dans lequel Automne allemand a été écrit :

 

Considéré rétrospectivement comme le véritable porte-parole de sa génération, flirtant politiquement avec des idéaux libertaires qu’il savait au demeurant peu crédibles quant à leur réalisation, Dagerman vivra très mal le positionnement ambigü de son pays dans le conflit armé ravageant toute l’Europe, cette hypocrite neutralité, ce lâche non-engagement, absolument incompatible avec ses aspirations existentialistes prônant la responsabilité et l’action.

C’est d’ailleurs cette inertie révoltante qui le poussera à participer à sa manière au grand désastre en se rendant sur le terrain de l’Allemagne dévastée, se mêlant à la population hagarde, encore sous le choc au sortir d’un apocalyptique cauchemar, rapportant au final un carnet de chroniques à la fois désabusées et pétries de colère, et paraissant sous le titre Automne allemand. Tout au long de sa courte vie, il traînera comme un boulet ce sentiment de culpabilité, comparable à celui du témoin impuissant accusé de non-assistance à personnes en danger.

 

La noirceur de la plume est fascinante et effectivement le lecteur ressent au fil des pages une sourde angoisse, celle des caves humides et de la misère, du froid brumeux des matins d’automne.

 

Ce moment où l’Allemagne, immense plaie béante, oscille entre quête d’identité, amertume et désespoir, où les réponses des puissances occupantes semblent se perdre dans l’absurdité d’une dénazification de mascarade.

Au-delà d’un plaidoyer pour la compassion à la souffrance d’un peuple qui a faim et qui a froid, pour ce qui deviendra non pas une nouvelle Génération Perdue au sens littéraire du terme (http://www.ditl.info/arttest/art15206.php), mais plutôt une génération sacrifiée par le silence de ses anciens.

 

Allemagne, année Zéro, pour reprendre l’expression de Christophe Mercier dans sa critique sur Après-guerre , De Gert Ledig.

(http://www.lefigaro.fr/litteraire/20060413.LIT000000219_allemagne_annee_zero.html)

 

J’ai vraiment aimé cette lecture, non seulement pour son aspect documentaire, mais surtout pour sa densité, ténébreuse et vibrante.

 

Extrait disponible sur le site de l’éditeur

(http://www.actes-sud.fr/extrait.php?codeud=AS1132)

 

la RuhrA l’automne 1946, les feuilles d’automne tombèrent pour la troisième fois depuis le célèbre discours de Churchill sur l’imminence de la chute des feuilles. C’était un automne triste, humide et froid, avec des crises de la faim dans  la Ruhr et de la faim sans crises dans le reste de l’ancien Troisième Reich. Pendant tout l’automne des trains arrivèrent, amenant dans les zones occidentales des réfugiés venant de l’Est. Affamés, déguenillés, regardés de travers, ils se bousculaient dans les abris sombres et fétides des gares ou bien dans les immenses blockhaus sans fenêtres, semblables à des gazomètres carrés, qui se dressent comme d’imposants monuments élevés en l’honneur de la défaite dans les villes rasées de l’Allemagne. Malgré leur mutisme et leur soumission passive, ces hommes sans importance, d’un certain point de vue, donnaient à cet automne allemand un caractère sombre et amer. Ils prenaient de l’importance par le simple fait qu’ils arrivaient, qu’ils ne cessaient d’arriver et qu’ils arrivaient en foule. Ils prenaient peut-être de l’importance non pas malgré leur mutisme mais à cause de celui-ci, car rien de ce qui est exprimé ne peut paraître aussi chargé de menace que ce qui ne l’est pas. Leur présence était à la fois exécrée et bienvenue : exécrée parce que ces nouveaux arrivants n’apportaient rien d’autre que leur faim et leur soif, bienvenue parce qu’ils alimentaient des soupçons que l’on ne demandait pas mieux que de nourrir, une méfiance que l’on ne demandait pas mieux que d’éprouver et un désespoir auquel on ne demandait pas mieux que d’être en proie.

la Ruhr
D’ailleurs, quel est celui qui, ayant lui-même vécu cet automne allemand, peut affirmer que cette méfiance n’était pas fondée et que ce désespoir n’était pas de mise ? Il n’est nullement exagéré de soutenir que ces flots jamais taris de réfugiés, qui noyaient la plaine allemande depuis le cours inférieur du Rhin et de l’Elbe jusqu’aux hauts plateaux balayés par le vent de la région de Munich, constituaient l’un des événements majeurs de la politique intérieure de ce pays sans politique intérieure. La pluie qui recouvrait le fond des caves de la région de la Ruhr de plus de cinquante centimètres d’eau constituait un autre événement de politique intérieure, d’importance à peu près égale.


(On se réveille, à supposer que l’on ait dormi, transi de froid sur un lit sans couverture, on marche avec de l’eau au-dessus des chevilles jusqu’au poêle et l’on essaye de faire du feu avec les branches vertes d’un arbre abattu par les bombardements. Derrière vous, quelque part dans l’eau, un enfant tousse d’une toux d’adulte tuberculeux. Si l’on finit par réussir à faire prendre le feu dans ce poêle – que l’on a sauvé de l’anéantissement, au péril de sa propre vie, dans les décombres d’un immeuble sous lesquels son propriétaire est enterré depuis un an ou deux – la fumée envahit la cave et ceux qui toussaient toussent encore un peu plus. Sur le poêle se trouve une marmite avec de l’eau – de l’eau, il y en a – et l’on se penche sur l’eau qui recouvre le fond de la cave pour ramasser quelques pommes de terre qui gisent sur ce sol invisible. Celui qui se tient ainsi, debout dans l’eau froide jusqu’aux chevilles, met ces pommes de terre dans la marmite et attend qu’elles veuillent bien être mangeables, bien qu’elles aient été gelées avant que l’on réussisse à mettre la main dessus.


Les médecins qui parlent aux journalistes étrangers des pratiques culinaires de ces familles disent que ce qu’elles font cuire dans ces marmites est indescriptible. En fait ce n’est pas indescriptible, pas plus que n’est indescriptible leur mode de vie en général. La viande sans nom qu’elles réussissent d’une façon ou d’une autre à se procurer et les légumes sales qu’elles ont trouvés Dieu sait où ne sont pas indescriptibles, ils sont absolument écœurants ; mais ce qui est écœurant n’est pas indescriptible, c’est tout simplement écœurant. On peut réfuter de la même façon l’objection selon laquelle les souffrances endurées par les enfants dans ces bassins souterrains seraient indescriptibles. Si on le veut, il est parfaitement possible de les décrire : on peut les décrire en disant que l’homme qui se tient dans l’eau, près du poêle, abandonne tout simplement celui-ci à son triste sort, se dirige vers le lit où se trouvent les trois enfants qui toussent et leur ordonne de partir immédiatement à l’école. Dans cette cave règnent le froid, l’humidité et la fumée ; les enfants, qui ont dormi tout habillés, traversent l’eau qui monte presque jusqu’en haut de la tige de leurs chaussures éculées, longent le couloir plongé dans l’obscurité où dorment des gens, montent l’escalier plongé dans l’obscurité où dorment des gens et sortent dans l’automne allemand, froid et humide, de l’extérieur. L’école ne commencera que dans deux heures et les instituteurs parlent aux visiteurs étrangers de la cruauté des parents qui jettent leurs enfants à la rue. Mais on peut ne pas être d’accord avec ces instituteurs quant à ce qui pourrait être le contraire de la cruauté, en l’occurrence. Au temps des nazis, il était de bon ton de dire que le bourreau faisait preuve de pitié en frappant vite, ou bien en frappant d’une main sûre. Les parents de ces enfants font preuve de pitié en les chassant de l’eau qui règne à l’intérieur vers la pluie qui tombe à l’extérieur et de l’air humide et froid de la cave vers la grisaille de la rue.


Naturellement, ils ne vont pas à l’école ; d’une part parce que l’école n’est pas ouverte, d’autre part parce que l’expression “aller à l’école” n’est alors qu’un euphémisme du genre de ceux que la misère impose en foule à ceux qui doivent parler sa langue. Ils sortent pour voler ou pour essayer de se procurer quelque chose de mangeable en employant la technique du vol, ou une technique plus innocente s’il en existe une. On pourrait décrire la promenade “indescriptible” de ces trois enfants jusqu’au moment où l’école ouvre vraiment et ensuite donner une série d’images “indescriptibles” de leurs occupations sur le banc de l’école : des tableaux d’ardoise cloués aux fenêtres pour empêcher le froid d’entrer mais qui empêchent en même temps la lumière d’entrer de sorte qu’il faut allumer pendant toute la journée une lampe si faible qu’elle permet à grand peine de lire le texte que l’on doit recopier, ou encore la vue que l’on a depuis la cour de l’école et qui est constituée sur trois côtés de tas de ruines de modèle international de trois mètres de haut, ruines qui font en même temps fonction de toilettes scolaires.
En même temps, il serait à propos de décrire les occupations “indescriptibles” au moyen desquelles ceux qui sont restés chez eux, dans l’eau, remplissent leurs journées ou bien les sentiments “indescriptibles” qui envahissent la mère de trois enfants affamés lorsque ceux-ci lui demandent pourquoi elle ne se maquille pas comme Mme Schultze pour se faire donner du chocolat, des conserves et des cigarettes par les soldats alliés. Et la bonne foi et le délabrement moral sont tous deux si “indescriptibles” dans cette cave pleine d’eau que la mère répond que même les soldats d’une armée de libération ne sont pas charitables au point d’accepter un corps sale, exténué et déjà vieillissant alors que la ville est pleine de corps plus jeunes, plus forts et plus propres.)
Sans aucun doute, cette cave était l’un des événements de première importance de la politique intérieure de cet automne. Un événement analogue était constitué par l’herbe, les buissons et les mousses qui poussaient sur les tas de ruines de Düsseldorf et de Hambourg, par exemple (c’est la troisième année de suite que M. Schumann longe les ruines du pâté de maisons voisin du sien en se rendant à son travail à la banque et, chaque jour, il se dispute avec sa femme et ses camarades de travail sur le point de savoir si cette verdure représente une amélioration ou une circonstance aggravante). Le visage blanc de gens qui habitaient dans des abris pour la quatrième année et faisaient incontestablement penser à des poissons qui viennent respirer à la surface de l’eau, ainsi que le visage scandaleusement rouge de certaines jeunes filles qui, quelques fois par mois, se voyaient gratifier de gâteaux au chocolat, d’une boîte de Chesterfield, de stylos ou de savons, étaient deux autres faits faciles à constater qui marquaient de leur empreinte cet automne allemand, tout comme ils avaient auparavant marqué l’hiver, le printemps et l’été allemands précédents – bien que dans une mesure moindre, puisque la situation s’aggravait constamment du fait de l’afflux des réfugiés de l’Est.


Les énumérations ont certes toujours quelque chose de lugubre, surtout si ce sont des choses lugubres que l’on énumère, mais dans certains cas particuliers elles peuvent se révéler nécessaires. Si l’on veut se hasarder à commenter l’atmosphère d’amertume envers les alliés, mêlée de mépris de soi-même, d’apathie et de tendances marquées à des comparaisons au désavantage du présent, qui constituait l’impression dominante du visiteur en cet automne lugubre, il convient de garder présente à l’esprit toute une série d’événements et d’états physiques. Il est important de se rappeler que ces expressions de mécontentement, et même de méfiance, envers le bon vouloir des démocraties triomphantes n’étaient pas proférées dans le vide ni de derrière la rampe d’un théâtre idéologique, mais bien dans des caves tout à fait authentiques d’Essen, de Hambourg ou de Francfort-sur-le-Main. Pour compléter l’image automnale de cette famille dans sa cave pleine d’eau, il convient en effet de ne pas oublier d’ajouter un journaliste qui, s’avançant prudemment en équilibre sur quelques planches elles-mêmes en équilibre, vient interviewer ses membres sur leurs opinions quant à la toute récente démocratie allemande, les interroge sur leurs espoirs et leurs illusions – et surtout leur demande s’ils vivaient mieux sous Hitler. La réponse que le visiteur recueille sur ce point l’amène à sortir à reculons de cette pièce nauséabonde, après une courbette de colère, de dégoût et de mépris, et à prendre place dans sa voiture anglaise ou dans sa jeep américaine de location pour s’en aller rédiger, une demi-heure plus tard, attablé au bar de l’hôtel réservé à la presse, devant un whisky ou un bon verre de bière de qualité, un article sur “les survivances du nazisme en Allemagne”.
Elle est bien sûr exacte, à sa façon, cette image de l’état d’esprit qui régnait en Allemagne en ce troisième automne et que ce journaliste, et bien d’autres, ou des visiteurs étrangers de façon plus générale, ont colportée de par le monde et ainsi contribué à faire sienne. On demandait à des Allemands qui vivaient dans des caves s’ils vivaient mieux sous Hitler et ces Allemands répondaient : oui. On demande à quelqu’un qui se noie s’il se portait mieux quand il se trouvait sur le quai et il répond : oui. Si l’on demande à quelqu’un qui n’a que deux tranches de pain par jour pour se nourrir s’il vivait mieux quand il en avait cinq, il y a fort à parier que l’on obtiendra la même réponse. Toute analyse de l’idéologie du peuple allemand en cet automne de privations (dont les limites doivent naturellement être elles aussi reculées dans le temps afin d’englober le présent, dans la mesure où ces formes accentuées de détresse et de misère sont toujours d’actualité*) sera entièrement fausse si elle ne réussit pas à donner simultanément une idée suffisamment corrosive du milieu et des conditions de vie que les sujets analysés se sont vu assigner. Un journaliste français bien connu pour son talent et plein de bonnes intentions m’a, au nom de l’objectivité, invité à lire les journaux allemands au lieu d’aller inspecter les logements allemands et renifler les marmites allemandes. Cette façon de penser n’est-elle pas celle qui prévaut dans une large part de l’opinion mondiale et n’a-t-elle pas conduit M. Gollancz, l’éditeur juif de Londres, au retour de son voyage en Allemagne à l’automne 1946, à estimer “les valeurs de l’Occident en péril”, ces valeurs qui résident dans le respect de la personnalité même si cette personnalité s’est aliéné notre sympathie et notre compassion, c’est-à-dire notre aptitude à réagir devant la souffrance, que cette souffrance soit méritée ou non ?
On entend des voix qui disent que tout allait mieux jadis mais on les isole de la situation dans laquelle se trouvent ceux qui les élèvent et on les écoute de la façon dont on écouterait une voix venant de l’éther. On appelle cela de l’objectivité parce que l’on n’a pas assez d’imagination pour se représenter cette situation, et même parce que, pour des raisons de bienséance morale, on se refuserait à faire usage d’une telle imagination sous prétexte qu’elle fait appel à une sympathie excessive. On analyse ; mais en fait c’est du chantage que d’analyser les idées politiques d’un affamé sans analyser en même temps sa faim.


En ce qui concerne les atrocités passées, commises par des Allemands à l’intérieur des frontières de l’Allemagne aussi bien qu’au dehors, il ne peut y avoir matière à discussion parce qu’il ne saurait être question de discuter la cruauté de façon générale, de quelque façon qu’elle soit exercée et par qui que ce soit. Une autre question est de savoir s’il peut être juste et même si, par un curieux retour des choses, il n’est pas cruel de considérer les souffrances allemandes qui, entre autres choses, seront exposées dans ce livre, comme justifiées parce qu’elles sont sans aucune contestation possible la conséquence d’une guerre de conquête manquée de la part des Allemands. D’un point de vue juridique, déjà, une telle façon de voir est totalement erronée parce que la misère des Allemands est collective tandis que, malgré tout, leurs atrocités ne l’étaient pas. De plus, la faim et le froid ne figurent pas dans la gamme des peines prévues par la justice des hommes, pour la même raison qui veut que la torture et les mauvais traitements n’y figurent pas ; et un jugement moral qui condamnerait les accusés à une existence inhumaine (c’est-à-dire à une existence qui rabaisserait la valeur humaine des condamnés au lieu de la relever, ce qui – n’est-il pas vrai – doit être le but inavoué de ladite justice) saperait lui-même ses propres bases.
Quant à l’idée de culpabilité et de rétribution, elle aurait au moins une apparence de bien-fondé si les juges eux-mêmes se réclamaient d’un principe directement opposé à celui qui a amené la plupart des Allemands à vivre cet automne comme un enfer de froid et de pluie au milieu des ruines. Mais tel n’est pas le cas : l’accusation collective dressée à l’encontre du peuple allemand vise bien, en fait, l’obéissance jusqu’à l’absurde, l’obéissance même dans des cas où la désobéissance aurait été la seule attitude humainement justifiée. Mais, tout bien considéré, cette même obéissance ne caractérise-t-elle pas les rapports de l’individu avec l’autorité dont il dépend dans tous les Etats du monde ? Même dans ceux où la contrainte n’est que très modérée, il n’est pas possible d’éviter que le devoir d’obéissance du citoyen envers l’Etat ne se heurte à son devoir d’amour ou de respect pour son prochain (par exemple pour l’huissier qui fait jeter à la rue les meubles d’une famille ou pour l’officier qui envoie un subordonné à la mort dans un combat qui ne le concerne pas). En fin de compte, c’est bien le fait de poser le principe de l’obligation d’obéissance qui est l’essentiel. Une fois ceci concédé, il apparaît vite que l’Etat qui exige l’obéissance dispose des moyens nécessaires pour y contraindre même dans les cas les plus odieux. L’obéissance envers l’Etat ne se divise pas.