20 juillet 2006
Ramons tous en cœur.
Les Jardins de l’Université
Alice Frangipalle
Éditions Hurluber
Collection Tendrassionnément
196 pages, 2006.
« Lisez-le et vous oublierez tout ! » (Mao Ding Dong, 20 juillet 2006)
Ce cri du cœur nous est venu d’un point inconnu de l’océan Atlantique où Julie baille s’octroie un moment de détente et de fraîcheur en le traversant à la rame, après un trimestre de bombes en Irak, 4 mois de kalachnikovs en Afghanistan et une semaine de couteaux tirés dans une section socialiste parisienne.
Quant à son honorable confrère, Freuddy Yougueneux, il est dans une autre galère : louvoyer entre les 4 AG quotidiennes de Mao Ding Dong (seulement 2 le week-end) pour pratiquer son sport favori : la psychanalyse de texte chiffrée. Pour « Les Jardins de l’Université », il est par exemple parvenu à établir une moyenne de 4,6 références incestueuses par page (pour ses autres résultats, se reporter à ses micro-trottoirs, ses sondages, ses tableaux et ses schémas – et en couleurs s’il vous plaît !). Il est surtout arrivé à une conclusion surprenante, pour un roman dont la scène la plus audacieuse est seulement un baiser sur les lèvres, certes long, très long, mais sans la langue : « c’est une fiction por-no-gra-phi-que ! » (Mao Ding Dong, toujours ce 20 juillet 2006).
Ce jugement m’a paru bien téméraire pour une prose néo-cartlandienne, qui, déjà adverbiale, est appelée à devenir proverbiale : « un homme séduisant surnaturellement » (p. 23), « une femme incommensurablement femme » (p. 56), « le teint froidement hâlé, mais sublimement », p. 103, « à l’haleine, heureusement, capiteuse » (p. 17), « ses ongles indéniablement coupés » (p. 94), « une crinière chevaleresquement blonde », (p. 98), « évidemment » (de nombreuses occurrences).
L’histoire est du même parfum : une thésarde s’énamourache de son directeur de thèse, lui-même se croyant épris d’une serveuse de la cafétéria universitaire. Mais heureusement, un mystérieux et très long congé maladie de cette dernière lui révèle ses vrais sentiments pour son étudiante.
Certains, dont Ernest Sualleux (Le Gothin, 16 juillet 2006), ont cru reconnaître là la propre histoire de l’auteure, Alice Frangipalle, spécialiste incontestable et incontestée de Flaubert, dont les travaux font autorité de la maternelle à l’université. Par contre, le même Sualleux n’a pas cru reconnaîte quelqu’un d’autre : « Emma Bovary, ce n’est pas elle ! ». Sa légendaire subtilité mâtinée de perfidie m’empêchait de savoir comment entendre cette phrase quand la tout aussi légendaire Babeth Sylvarte (sur son blog La Casse-Gueule) m’a éclairé sur le sujet : « Vendus de l’éditions, pourris de la presse !!! Copains comme cochons et cochonnes, Sualleux et Frangipalle sortent ensemble depuis 6 mois !!! ».
Ah, « l’amour ! », comme l’écrit Lucien Dieumegardederire, dans La Chaise Électrique (29 juillet 2006)…
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