Les Désaxés

Christine Angot

Editions Stock 2004

210 pages, ISBN : 2234057035

On pourrait, pour résumer ce roman, se contenter de faire un catalogue des thèmes centraux de l'histoire, à savoir "amour [1], séparation" [2], "dérive" [2], "échec" [2], "ennui" [3]. Et en rester là.

On peut aussi, pour donner le ton du récit, évoquer Freud et Lacan surtout, auxquels l'auteure fait ample référence pour dépeindre " un couple qui ne sait plus comment allier la contrainte sociale de la vie commune et leur amour, réel, malgré les tempêtes du quotidien" [2]. Ce couple qui se compose plus précisément de : "François et Sylvie [sont] cinéastes et mariés depuis une quinzaine d'années. Elle est maniaco-dépressive, alterne les crises de larmes chez elle et les séjours en hopital psychiatrique, tandis que François se lamente sur l'échec de son dernier film et voit sa vie comme un beau gâchis" [1].

Voilà, le tableau est dressé.

Reste la façon dont le sujet est traité. Et là il faut bien s'avouer que l'auteure n'arrive pas à nous "intéresser à la vie de ce couple" [2]. La densité du texte rend pénible la lecture des 200 longues pages de ce " Sujet périlleux: le piège conjugal ou le "désamour" [1]. Au fur et à mesure que "Angot fouille, dissèque, décrit les soubresauts de ce couple en dérive" [2], on se prend à s'ennuyer ferme avec des personnages " d'une banalité attristante " [2] et leurs "caprices de bourgeois bohèmes privilégiés" [3]. Ces deux-là n'ont rien d'attachant, lui encore moins qu'elle, procrastinateur d'envergure, médiocre "dialoguiste peu sûr de lui qui pisse du verbe pour l’industrie de la fiction télévisuelle (faute de pouvoir écrire autre chose que des lambeaux d’autobiographie déguisée, de la littérature par exemple)" [2]

Pourtant le roman donne une ou deux fois l'impression qu'il pourrait décoller à l'occasion de passages sensibles sur la souffrance engendrée par l'état maniaco-dépressif, passages vite noyés dans " la banalité du texte " [2].

Pas sûr alors que "Le nouveau livre de Christine Angot amorce [-t-il ] un virage dans sa production littéraire " [2]. Pas sûr non plus que ce récit somme toute bien insignifiant donne à "percevoir l’originalité de ce texte " [2]. On serait même presque tenté d'aller dans le sens de Frédéric qui nous conseille : "passez votre chemin" [2].

Et dommage pour le " joli titre qui pointe d’emblée qu’ici quelque chose ne tournera pas rond" [2]. Car si tel est bien le cas, on referme malgré tout le livre en se demandant à la manière lapidaire de Sof 12 : " oui, et alors?" [1]

Sources citées :

[1] http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2234057035/171-8398594-7950645

[2] http://www.fnac.com/shelf/Article.asp?PRID=1555993

[3] http://www.zazieweb.fr/site/fichelivre.php?num=8915

                                                                   

Au sujet de Christine Angot on peut aussi lire l' Article paru dans Le Matricule des Anges, Numéro 21 de novembre-décembre 1997 : http://www.lmda.net/select/ARL2125.html