UN PEU PLUS LOIN SUR LA DROITE

Fred Vargas

Editions Viviane Hamy 1996, 254 pages

ISBN : 2290304557

Je ne suis normalement pas une grande lectrice de polars mais il me fallait essayer Fred Vargas, on m'avait tellement chanté les louanges de cette "romancière à la voix unique dans le polar d’aujourd’hui." [1]. J'ai donc lu le premier roman qui m'est tombé sous la main et peut-être, si j'en crois mes recherches subséquentes, n'est-il pas typique du travail habituel de l'auteure puisque si on y retrouve certains "personnages récurrents" [5], il y manque en revanche l'incontournable, semble-t-il, "commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, flic contemplatif et un brin tourmenté" [2] .

La trame, originale à mes yeux de quasi-novice -un bout d'os qui se révèle être une phalange humaine déféqué par un chien citadin un jour par semaine et Breton rural le reste du temps- m'a plu. Il paraît d'ailleurs que généralement chez Vargas les " intrigues [, elles] évitent les habituelles "références américaines" et les tueurs en série (une exception)" [3]. Un bon point donc.

Les personnages aussi m'ont plu, ils sont, pour certains du moins, originaux, un rien déjantés, "anarchistes" [1], "lunaires" [1], "savants" [1], "tous plus attachants les uns que les autres" [3].

La fin, dont je n'irais pas jusqu'à dire qu'elle est la conclusion d'une "enquête superbement bâtie", [4] ne m'a pas emballée ni surprise mais vaut la peine qu'on y arrive.

Ce à quoi je n'ai pas trop accroché c'est le style, cette espèce de ton familier du discours oral, ce genre d'humour faussement truculent, vaguement bonhomme, tout cela qui me gêne lorsque je m'aventure à lire un policier. Et là je prends position contre les excès de Jeanne Guyon dans Le Magazine Littéraire qui trouve dans le style de Vargas  "cette liberté de ton, cette capacité à retrouver la grâce fragile de nos émotions primordiales, cette alchimie verbale qui secoue la pesanteur du réel." [1], tout comme je trouve prétentieux et erroné de parler à son propos de "la musique de l’écriture " [2]

Et F. Vargas n'est pas seule en faute ; les quelques lectures de polars que j'ai pu faire m'ont généralement laissé l'impression dérangeante que leurs auteurs cherchent à créer une complicité factice et facile avec le lecteur à travers un vocabulaire appauvri, une espèce de style bon enfant peut-être finalement nécessaire à créer une atmosphère propice qui pour certains prendrait chez Vargas la forme d'un "univers poétique" [3] .

Il n'est pas mon intention ici de faire le procès des polars, je n'ai aucune expertise en la matière. Je ne fais que me livrer à une réflexion provoquée par celle dont il semble bien qu'est est la reine actuelle du genre, "Fred Vargas, un des auteurs les plus en vogue aujourd’hui dans l’Hexagone"  [2]. Et que je ne rechignerai pas à lire de nouveau, le cas échéant....

Sources utilisées :

[1] http://www.viviane-hamy.fr/fiche-auteur.asp?A=2&lapage2=4&Collection=&Thematique=

[2] http://www.polars.org/article49.html

[3] http://polarnoir.neuf.fr/Vargas/Vargas_accueil.htm 

[4] http://www.amazon.fr/exec/obidos/tg/detail/-/books/2290304557/reviews/ref=cm_rev_more_2/171-8398594-7950645

Autres sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fred_Vargas